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Cahier des charges UX-accessibilité : par où commencer ?

À l’approche des obligations 2025, intégrer l’accessibilité et l’UX dans le cahier des charges n’est plus optionnel. Découvrez comment structurer vos exigences autour du RGAA/WCAG et des règles Opquast pour sécuriser vos projets web.

Publié le 10 avril 2026

Pourquoi l’UX-accessibilité doit entrer dans votre cahier des charges

L’accessibilité numérique n’est plus réservée au secteur public. Avec la transposition de la directive européenne sur l’accessibilité des produits et services numériques, de nombreux acteurs privés (e‑commerce, banques, transports, médias, télécoms…) devront se conformer au RGAA à partir de 2025.

Dans le même temps, les baromètres montrent qu’une part infime des sites est réellement conforme, avec des problèmes récurrents de contraste, de structure de page, de navigation clavier ou de lecture par lecteur d’écran. Autrement dit : la plupart des organisations sont en retard.

Le levier principal pour rattraper ce retard est le cahier des charges. C’est lui qui fixe le niveau d’exigence, les livrables et les indicateurs. S’il reste flou sur l’accessibilité et l’UX, le résultat sera forcément décevant, même avec une bonne équipe projet.

Articuler RGAA/WCAG et Opquast dans vos exigences

Le RGAA (basé sur les WCAG) définit le cadre réglementaire : il indique ce qui est obligatoire, notamment pour les contrastes, les alternatives textuelles, la navigation, les formulaires, les médias, etc. Mais il ne couvre pas toute la qualité d’usage.

Les bonnes pratiques Opquast complètent ce socle en couvrant l’expérience utilisateur, la performance, la sécurité, l’éco‑conception, l’e‑commerce et la fiabilité globale des services. La version 2025 compte plus de 240 règles, dont une sélection de règles « cœur » conçues pour les cahiers des charges.

Pour un cahier des charges opérationnel, il est pertinent de :

  • poser comme objectif minimal la conformité RGAA (niveau AA) ;
  • sélectionner un sous‑ensemble de règles Opquast à fort impact UX-accessibilité ;
  • expliciter les critères de réussite et les preuves attendues (audits, tests, livrables).

Ainsi, le projet ne se limite pas à « cocher des cases » réglementaires, mais vise une expérience réellement inclusive.

Sélectionner les bonnes règles Opquast pour votre projet

Face à plus de 240 règles, la clé est de filtrer selon vos enjeux :

  • Typologie de service : site institutionnel, portail de services, e‑commerce, extranet, application métier…
  • Publics cibles : grand public, professionnels, personnes en situation de handicap, seniors, publics précaires, etc.
  • Fonctionnalités critiques : formulaires complexes, tunnel de souscription, paiement en ligne, espace client, contenus multimédias, carte interactive…
  • Risques métiers : erreurs de souscription, abandon de panier, incompréhension des garanties, difficulté à exercer un droit ou à déposer un dossier.

Pour chaque fonctionnalité, il est possible de constituer un « pack » de règles Opquast prioritaires :

  • formulaires : clarté des libellés, gestion des erreurs, aides contextuelles, compatibilité clavier ;
  • navigation : repères visuels, fil d’Ariane, cohérence des menus, liens explicites ;
  • contenus : titres structurés, langage clair, contenus multimédias accessibles ;
  • e‑commerce : informations précontractuelles, récapitulatif de commande, confirmation, service après‑vente.

Une session d’accompagnement dédiée, comme cet atelier sur les critères qualité à intégrer dans un cahier des charges, permet de faire ce tri de manière structurée et de formaliser les exigences dans un langage opposable aux prestataires.

Transformer les référentiels en clauses concrètes

Pour être efficace, un cahier des charges doit traduire RGAA/WCAG et Opquast en exigences opérationnelles, et non en simples déclarations d’intention.

Quelques exemples de formulations utiles :

  • « Le prestataire s’engage à livrer un site conforme au RGAA niveau AA, attesté par un audit indépendant et une déclaration d’accessibilité publiée. »
  • « Les gabarits de pages et composants du design system devront intégrer les bonnes pratiques UX-accessibilité sélectionnées (liste en annexe), vérifiées par des tests utilisateurs incluant des personnes en situation de handicap. »
  • « Les livrables attendus incluent : spécifications fonctionnelles annotées avec les critères RGAA/Opquast, maquettes annotées, plan de tests, rapports d’audit, plan de correction. »

Plus les clauses sont précises, plus il sera simple de piloter le projet et de demander des corrections si nécessaire.

Exiger des compétences et organiser le pilotage

Un bon cahier des charges ne se limite pas aux fonctionnalités : il précise aussi les compétences attendues et le dispositif de pilotage.

À intégrer notamment :

  • Compétences : certification Opquast, formations en accessibilité, références de projets conformes, expérience en tests utilisateurs inclusifs ;
  • Rôles séparés : concepteurs, développeurs, auditeurs d’accessibilité et testeurs utilisateurs ne doivent pas être tous juges et parties ;
  • Gouvernance : comité de pilotage UX-accessibilité, jalons projet avec revues de maquettes, revues de code et audits intermédiaires ;
  • Suivi dans le temps : schéma pluriannuel d’accessibilité, plan annuel de mise en conformité, indicateurs de suivi (taux de conformité, nombre de blocages, retours utilisateurs, etc.).

En structurant ainsi votre cahier des charges, vous transformez une obligation réglementaire en véritable levier d’amélioration de l’expérience utilisateur et de réduction des risques.

Bénéfices concrets pour votre organisation

Intégrer l’UX-accessibilité dès le cahier des charges produit des effets mesurables :

  • réduction des risques juridiques et d’image liés à la non‑conformité ;
  • baisse des coûts de correction post‑mise en ligne ;
  • amélioration des taux de conversion et de la satisfaction client ;
  • meilleure inclusivité pour les publics en situation de handicap, mais aussi pour les utilisateurs mobiles, pressés ou peu à l’aise avec le numérique.

En résumé, un cahier des charges bien structuré autour du RGAA et des bonnes pratiques Opquast devient un outil stratégique pour sécuriser vos projets web et offrir une expérience réellement accessible à tous.

Sources

  1. Cahiers des charges et appels d’offres : exigences qualité (sélection de 65 règles Opquast 2025) — opquast.com
  2. Newsletter N°120 : « Accessibilité, le jour d’après » (filtrage des 240 règles Opquast, outil WordPress) — opquast.com
  3. Quand les bonnes pratiques OPQUAST s’intègrent dans le Web public — opquast.com
  4. Certification Opquast (présentation officielle) — campus.numerique.gouv.fr
  5. Accessibilité web : ce qui change au 28 juin 2025 — blog.yumens.fr
  6. Accessibilité numérique : les nouvelles obligations RGAA pour 2025 — beyonds.fr
  7. Accessibilité web en 2025 : le RGAA impose de nouvelles règles, comment s’y préparer ? — blogdumoderateur.com
  8. Cahiers des charges et éco‑conception : intégrer accessibilité, RGAA et Opquast — cap-com.org

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